Un reportage de Frédéric Lacroix-Couture
L’entrepreneur Millenium Development, en charge de la construction du village, demande à la municipalité une avance de fond de sept millions de dollars. Selon l’édition du 4 juin dernier du Globe and Mail, il désire également que son taux d’intérêt, présentement fixé à 9,5%, soit réduit. Mais avant d’aller de l’avant avec le prêt, la Ville veut s’assurer que l’entreprise soit solvable. Lesli Boldt, porte-parole à la Ville de Vancouver, a affirmé le mardi 9 juin dernier que les autorités étaient toujours en discussion avec Millenium afin de conclure une entente. « Les discussions se poursuivent et aucune décision n’a encore été prise concernant un arrangement financier », dit-t-elle.
Dossier noir des Jeux olympiques de Vancouver, la construction du village des athlètes coûte de plus en plus cher aux contribuables vancouverois. Alors que le coût total de ce projet est maintenant évalué à 1 milliard de dollars, l’estimation précédente était plutôt de 875 millions. La Ville, avec son investissement actuel de 518 millions de dollars, pourrait bien devoir investir d’avantage pour éponger le dépassement de coûts. Le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques de Vancouver (COVAN) a, pour sa part, remis une somme de 30 millions de dollars pour aider à financer la construction.
Les problèmes ont commencé à s’abattre sur le village olympique en septembre 2008 lorsque l’important bailleur de fonds, le groupe américain Fortress Investment, s’est retiré de la construction. Les dépassements de coût, évalués jusqu’à ce jour à 125 millions de dollars, et la crainte de ne pas se faire rembourser ont poussé l’entreprise à se désister. Il devenait donc impossible pour le promoteur, Millenium Development, de continuer les travaux au-delà de février 2009. Comme plusieurs autres entreprises, Millenium a subi les secousses de la crise économique et se retrouve en difficulté financière. Le conseil municipal a donc décidé d’intervenir et a consenti un prêt de 100 millions$ à l’entrepreneur afin qu’il puisse poursuivre les travaux de construction.
En janvier dernier, Vancouver avait besoin de 458 millions de dollars pour finir la construction du site destiné aux athlètes. Le conseil municipal a alors demandé au gouvernement provincial d’adopter une loi lui permettant d’emprunter un montant illimité sans aller en référendum. Après des débats houleux entre le gouvernement libéral et l’opposition néo-démocrate à l’assemblée législative, à Victoria, les députés de la Colombie-Britannique ont voté majoritairement en faveur de la nouvelle loi. Un mois plus tard soit en février, la Ville de Vancouver est devenu le bailleur de fonds et a pris en charge la supervision de la construction du village olympique.
Un village « vert »
Malgré les difficultés financières que rencontre la construction, le projet ne demeure pas moins innovateur au point de vue environnemental. Situés sur un ancien site industriel contaminé du côté sud-est de la baie de False Creek, la majorité des édifices du village olympique recevront une certification OR du programme LEED (Leadership in Energy and Envrionmental Design). Ce système évalue la durabilité environnementale des bâtiments en Amérique du Nord. Seul le futur centre communautaire recevra une certification platine. Il deviendra d’ailleurs le bâtiment environnemental le mieux côté au Canada.
Preuve que les édifices du village olympique répondent aux critères de LEED, 50% des toits seront écologiques et seront propices à l’agriculture urbaine. Par ailleurs, l’eau de pluie sera utilisée pour approvisionner les bâtiments afin de réduire la consommation d’eau potable de 40 à 50%. Les logements seront chauffés principalement par la récupération de la chaleur des égouts avec l’aide d’une pompe. Le même système sera utilisé pour l’eau chaude. Ce mécanisme de chauffage deviendra le premier à être implanté en sol nord-américain. Les édifices seront également équipés de matériel de branchement pour la voiture électrique.
Après les jeux

Southeast False Creek pourra héberger environ 3 000 résidents dans 1 100 unités lors de la première phase de sa nouvelle vocation.
Le village olympique se transformera en communauté durable à la suite des jeux. Appelé Southeast False Creek, ce nouveau quartier pourrait devenir le lieu d’habitation de 16 000 personnes, particulièrement des familles, d’ici 2020. La communauté comprendra au départ 1 100 unités, dont 250 unités de logements abordables et 100 autres de location. D’ici 10 ans, Southeast False Creek pourrait compter plus de 5 000 unités d’habitation. La pré-vente et la vente des futurs condominiums aideront d’ailleurs à payer une partie des coûts engendrés par la construction du village.
Des espaces commerciaux, des services, une école primaire, un centre communautaire et des espaces verts font aussi partie des plans de cette future communauté verte.
Écoutez l’entrevue de Frédéric Lacroix-Couture à Ipso Facto Radio, Émission du 18 juin 2009. Animatrice: Marie-Christine Beaudry






