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Mystère empoisonné à Versailles

Publié le 17 July 2010 by Ipso-facto

Un reportage de Véronique Voyer

Versailles a beaucoup plus à offrir que son château et ses jardins. À la mi-juin, une chasse au trésor permet à plus de 2000 curieux d’élucider l’Affaire des Poisons tout en découvrant la face cachée de la ville. Ce vieux scandale plonge les enquêteurs en herbe dans les richesses culturelles et historiques de la cité royale le temps d’un après-midi .

En 1676, la belle-sœur du roi meurt empoisonnée. Ce décès place en disgrâce Mme De la Montespan, une maîtresse du roi qui fricote avec la communauté des «devineresses», ce monde interlope d’avorteuses et de magiciens qui maîtrisent l’art des filtres d’amour comme des poisons.

Quelques-uns des 2000 participants de la chasse aux trésors.

Quelques-uns des 2000 participants de la chasse aux trésors.

C’est sur ce scénario que débute la chasse au trésor. Cette année, l’adjointe du maire Marie Boëlle est en charge de l’organisation de la 2e édition de l’événement estival, et la barre est déjà haute. «L’été dernier, les enquêteurs devaient découvrir qui a volé le collier de la reine. Ça été très populaire! Nous voulons attirer les touristes à l’extérieur du château pour leur permettre de découvrir les curiosités de la ville à travers son histoire.»

Le château, le Trianon et les jardins sont reconnus pour leurs fastes dorés et l’immensité du territoire qu’ils recouvrent. Difficile pour un touriste de parcourir la ville en plus de la demeure royale dans une même journée. «Si certains touristes imaginent qu’il n’y a que le château à voir ici, il passe à côté d’une ville charmante qui se nomme Versailles», souligne l’adjointe, aussi chargée du commerce et du tourisme. Ainsi, le terrain de jeu où les indices sont éparpillés comprend uniquement la ville. Pour faciliter leur recherche, les participants reçoivent un guide des curiosités de Versailles.

Divisés en 200 équipes de dix, les participants sont fébriles près du parvis de l’église où débute l’activité. Une fois le coup de départ donné, un jeune père dirige la poussette familiale vers le potager du roi, tout en portant sa fillette de trois ans sur ses épaules. «On va commencer par la fin, il n’y aura pas d’embouteillage», explique-t-il en se dirigeant vers le grand jardin, à quelques pas de l’église. Quelques équipes font de même. Les participants doivent identifier les plantes vénéneuses. Des enfants courent au travers des longues plate-bandes de plantes médicinales, de tomates, d’arbres et de fleurs. Après trente minutes de promenade, le papa, toujours motivé, rassemble l’équipe en bas âge et se dirige vers la boutique à l’entrée, des Sherlocks Holmes et des Hercules Poirot plein les bras..

Finalement, la réponse à la question se trouvait entre les pages d’un des dictionnaires arboricoles de la boutique. Un chef d’équipe note rapidement «anémone» tandis qu’un petit garçon épelle très fort «rhododendron». La promenade dans le potager était donc inutile pour le concours, mais le but est aussi de découvrir les charmes de cette ville-jardin.

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Comme le remarque un participant, c'est sur la rue du Jeu de Paume que fut signé le traité d'alliance entre la France et les États-Unis au XVIIIe siècle.

À l’époque où le roi avait sa cour, les  secrets faisait partie intégrante de la politique française. Cette richesse historique est exploitée tout au long du parcours. Ainsi, au détour d’un petit passage, un participant pointe le nom de la rue du Jeu de Paume. «C’est ici qu’ils ont signé le traité d’indépendance américaine avec Jeffersen», explique-t-il.

Cette année, c’est dans le quartier Saint-Louis, le plus vieux de Versailles, que se situaient la plupart des indices. Les habitants s’impliquent autant que les participants dans le grand jeu, comme ce vieux vendeur d’électroménagers qui a invité une équipe dans sa boutique le temps de téléphoner à son père, pour vérifier l’exactitude d’une réponse. Un peu plus loin,  un sculpteur affairé sur du marbre a lâché sa besogne pour indiquer où se situe le bureau d’architectes le plus proche.

Si les indices historiques sont d’une importance capitale, des épreuves sont également prévus. Pour l’une d’entre elles, particulièrement populaire, chaque équipe désigne un volontaire. Ce dernier doit discerner les poisons des potions aromatisées, les yeux bandés bien sûr.

Tout près de ce stand où se presse de nombreux curieux, le Comptoir de Magellan offre des bonbons artisanaux formés de cristaux de sucre et d’herbe. «Nous sommes la seule épicerie bio de Versailles», déclare fièrement Aurélie, la fille de Nina à la tête de cette entreprise familiale spécialisée en foie gras.

En fin d’après-midi, les participants éreintés se pressent pour rapporter toutes les bonnes réponses à la mairie avant 17h. C’est l’heure limite pour être éligible au tirage des 20 prix. «Les commerçants sont très généreux, souligne Mme Boëlle, ils offrent des repas, des bouteilles de vin d’ici, des paniers gourmets et même une nuit au Trianon Palace.»

Grâce à internet, la popularité du jeu s’est répandue rapidement en deux ans. Des participants viennent des quatre coins du pays, et certains même de Russie, de Belgique et de Pologne.  Si la célébrité de cette cité royale n’est plus à faire aux quatre coins du globe, les secrets des Rois de France ont encore et toujours de quoi surprendre.

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Vous avez dit “cafécouture” ?

Publié le 02 July 2010 by Ipso-facto

Martena Duss et Sissi Holleis

Martena Duss et Sissi Holleis sont les deux créatrices du Café couture de Paris.

Coudre tout en buvant son café, c’est tout-à-fait banal. Mais coudre en groupe, dans un café de Paris réservé à des couturières en herbe ou plus expérimentées, c’est un peu plus inusité.

Daniel Blanchette Pelletier s’est rendu à Paris avec quelques euros en poche, où il a pu s’entretenir avec l’une des responsables du café-couture, Sissi Holleis.

Un reportage de Daniel Blanchette Pelletier

Vous avez envie de tenter l’expérience ? Rendez-vous à Paris, au 13 rue Lucien Sampaix. Métro Jacques Bon-Sergent. Six euros en poche suffiront pour louer une machine pendant une heure !

http://www.sweatshopparis.com/

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Un illuminé dans la ville lumière

Publié le 23 August 2009 by Ipso-facto

Un reportage de Naël Shiab

Denÿs, comme il aime à se nommer en référence à Pierre Louÿs, un auteur symboliste de romans érotiques et décadents de la fin du XIXème siècle, voue un culte aux dandys d’avant-guerre, à leur élégance comme à leur vision de la société. «On dit que la modernité c’est cool, mais c’est parce qu’on baigne dans l’ancien et ça on ne l’a pas compris.»,  siffle-t-il, affligé.

denis-villePour rendre hommage à ce passé, il en a choisi certains aspects, comme la garde-robe, qu’il arbore avec fierté. Loin des chandails roses moulants et des pantalons à bobettes apparentes à la mode d’aujourd’hui, il aime se promener la badine sous le bras, dans son ensemble 1900, cintré et parfaitement ajusté. «Avant, le vêtement était pensé comme une seconde peau et ça paraît tout à fait logique. Aujourd’hui, tu portes des trucs en polyester et tu as l’air d’un sac», s’indigne-t-il. Dans son appartement du Vème arrondissement, la revue de sa garde-robe, fruit de longues fouilles aux puces de Paris, prend des allures d’exposé. Entre ses faux-cols et ses chemises à plastron qu’il amidonne lui-même, afin de les rendre aussi rigides que du carton, les anecdotes sur ses gilets ou ses bottines à boutons dorés de 1902 s’enchaînent. «Quand tu as porté du drap de laine cardé, crois-moi, tu ne peux plus rien aimer d’autre», assure l’étudiant en histoire de l’art - spécialité histoire de la mode et du costume, forcément.

Appuyé sur l’établi de sa cuisine, non loin d’une bouteille de sa limonade préférée - une recette artisanale de 1895 -, Denÿs peste contre la société d’aujourd’hui. «On ne produit plus rien, on vend des services et toutes nos richesses sont virtuelles. En 1900, le chômage n’existait pas. Avec tous les artisanats, tant que tu avais deux mains, tu pouvais travailler.» L’air désabusé, il envie les Français de la fin du XIXème siècle, en période de paix et d’effervescence avec 4 expositions universelles à Paris en moins de 35 ans.

denis-bancDans sa bibliothèque se cache son œuvre préférée : une édition de 1901 de À Rebours, de Joris-Karl Huysmans, la bible du dandysme à ses yeux. Ce dernier fut la source d’inspiration de Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, roman qui a amené Denÿs à se comporter en dandy. «Aujourd’hui, dès que l’on remarque quelqu’un habillé bizarrement, on dit que c’est un dandy. Mais non, le dandysme c’est une véritable  idéologie», clame-t-il, avant de citer le début de À Rebours, qu’il connait par cœur. «”Il faut que je me réjouisse au-dessus du temps…, quoique le monde ait horreur de ma joie, et que sa grossièreté ne sache pas ce que je veux dire.” Magnifique non  ?»

Autour d’un verre d’absinthe -une recette originale de 1900 - pour détendre l’atmosphère, Denÿs raconte avec regret qu’il a eu sa période dandy. «Je me promenais avec À rebours sous le bras. J’avais une morgue et un dédain stérile. J’ai raté mon année et j’en avais rien à foutre, rien.» Des dépenses folles qui l’ont endetté et un épisode dépressif violent lui laissent un souvenir désagréable de cette époque. Pour lui, le dandy a le sentiment de ne pas être dans le bon monde et en est quasiment malade. «L’exemple classique du dandy du XIXème siècle est le jeune homme de la campagne, qui arrive à Paris pour étudier avec les économies de ses parents. Sauf qu’en un rien de temps, il claque tout en menant une vie d’un luxe et d’un faste outrageant. Alors il s’endette, puis il se suicide.» Cela expliquerait selon lui le paradoxe fondamental de ces prédécesseurs : malgré un fort esprit critique, un soucis profond de l’esthétisme et un certain élitisme, les dandys se veulent totalement inutiles et ne vivent que pour eux, dans un hédonisme total.  «Le dandy est un météore, il se consume lui-même en illuminant le monde» illustre-t-il, une pointe d’admiration dans la voix, malgré ses expériences passées.

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Une bouteille d'absinthe avec ses verres caractéristiques et leur cuillère à sucre.

De nos jours, pour Denÿs, être dandy n’est plus possible, le déroulement de l’Histoire les a tués. Selon lui, la Première guerre mondiale a fait ressurgir les idéaux de l’Ancien Empire avec la notion de surhomme. «La mode de 1930 est celle des épaules hors-normes qui donnent une carrure exagérée, et on est toujours dedans», indique-t-il. Avec la Deuxième guerre mondiale, les régimes fascistes ont ensuite cherché à supprimer tout individu différent des normes établies, alors que les dandys faisaient tout pour se faire remarquer. Puis, suite au conflit, chacun devait participer à l’effort de reconstruction. Et jusqu’à aujourd’hui, la vision politique d’après-guerre est d’augmenter constamment la productivité. «On ne parle que de croissance. Comment pourrait-on accepter des gens qui assument et revendiquent leur stérilité et leur improductivité? Non, les dandys sont tous morts», constate-t-il, un brin amer.

Au détour d’une promenade dans Paris, sur le pont d’Iéna qui relie la tour Eiffel au Trocadéro, Denÿs soupire : «Quand je pense qu’elle a été construite uniquement pour être l’entrée de l’exposition universelle de 1889. Et dire qu’en 1900, ils crachaient déjà sur leur époque… Mais s’ils savaient, s’ils savaient!»

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Karaoké géant à Paris!

Publié le 24 July 2009 by Ipso-facto

20 000 personnes ont foulé le sol du Champ de Mars à Paris, le 5 juillet dernier, à l’occasion d’un karaoké géant. Les Français avaient bon espoir de faire mieux que leurs compatriotes anglais réunis quant à eux sur Trafalgar Square, le 6 avril, pour chanter « Hey Jude ». L’initiative de ce karaoké géant revient au moteur de recherche Yahoo! qui s’est engagé à verser 10 euros par personnes présentes à l’évènement. L’argent « ammassé » servira à financer une publicité pour « SOS Villages d’enfants », une association créant des villages pour enfants orphelins ou abandonnées. Celle-ci sera affichée sur le site de Yahoo!.

Un reportage de Justine Grenier

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La fête de la musique

Publié le 14 July 2009 by Ipso-facto

Un reportage de Naël Shiab

La fête de la musique est un incontournable en France. Célébrée lors du solstice d’été, le 21 juin, jour le plus long de l’année, c’est une invitation pour tous les musiciens amateurs à se réapproprier l’espace urbain par la musique.

À Paris, le public est toujours au rendez-vous, même si la réputation de l’événement est régulièrement terni par une consommation excessive d’alcool et des affrontements avec les forces de l’ordre.

Toutefois, depuis sa création en 1982 par Jack Lang, alors ministre de la Culture, son succès n’a jamais cessé de croître. À un point tel qu’elle est désormais fêtée dans près de 340 villes sur les cinq continents.

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