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Cuba dit non à l’OEA

Publié le 21 June 2009 by Ipso-facto

À l’issu du dernier sommet de l’Organisation des États Américains (OEA) qui s’est déroulé au Honduras au début du mois de juin, les membres de l’organisation se sont entendus sur le principe de réintégration de Cuba en son sein, annulant du même coup la suspension du pays décrété en 1962.

L’équipe de Ipso Facto Radio, lors de son émission hebdomadaire à Choq.fm, s’est entretenue avec Claude Morin, professeur honoraire au département d’Histoire de l’Université de Montréal afin d’éclaircir le déroulement des événements.

Une entrevue de Karl Retinno-Parazelli

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Cuba, made in USA

Publié le 10 June 2009 by Ipso-facto

Un reportage de Vicki Fragasso-Marquis

Cuba est un pays qui est, depuis longtemps, un ennemi des États-Unis. Toutefois, dans les faits, les Cubains semblent accepter le mode de vie proposé par leurs voisins du nord. Survol d’une contradiction fondamentale dans un des rares pays socialistes.

Ce n’est un secret pour personne : les États-Unis et Cuba sont des adversaires depuis l’établissement du gouvernement castriste en 1959. Les présidents Eisenhower et Kennedy étaient déjà échaudés par cette peur du communisme. Mais lorsque Cuba décide de nationaliser plusieurs compagnies américaines, le nouveau président américain Kennedy coupe les ponts. En 1962, toutes les relations commerciales sont rompues entre les deux pays. De nos jours, l’embargo américain est toujours en vigueur. L’arrivée d’un président plus enclin à la discussion, Barack Obama, a quelque peu amoindri les balises du blocus commercial entre les deux pays, notamment dans le milieu des télécommunications, mais les relations diplomatiques entre les deux pays ne sont toujours pas des plus harmonieuses. L’Organisation des États Américains (OEA) a récemment proposé à Cuba de revenir dans ses rangs, l’île en est exclue depuis presque 50 ans, mais le pays a catégoriquement décliné l’invitation. Les politologues Shifter et Joyce ne se sont sans doute pas trompé dans leur analyse, publiée dans le périodique Current History, qui indique que, malgré l’ouverture du nouveau président américain, l’embargo n’est pas près d’être aboli.

Dans les hôtels touristiques de Cuba, il est possible de regarder CNN, le cœur de l’actualité américaine !

Dans les hôtels touristiques de Cuba, il est possible de regarder CNN, le cœur de l’actualité américaine !

Les Cubains eux-mêmes sont encore réfractaires aux Américains. Dans une rue bruyante de la petite ville de Matanzas, ils viennent spontanément aborder les touristes canadiens. « Que pensent les Canadiens de Cuba? », lance un homme à l’égard des étrangers. Il n’écoute pas la réponse discrète et commence à dénoncer les Américains, tout en vantant la noblesse du communisme. « Ils n’ont pas la liberté qu’ils pensent posséder! », répète-t-il avec insistance. Malgré ces belles paroles, son pays semble accepter les pratiques américaines sur plusieurs sujets.

La télévision de la plupart des hôtels en formule tout inclus offre de multiples chaînes. Bien sûr, il y a ce fameux canal cubain qui présente, avec en guise de décor le drapeau du pays, des émissions dont l’intention de propagande est à peine voilée. Or, ce sont les chaînes suivantes qui font sursauter : CNN, ESPN et même TVA! Sans oublier celle où sont diffusés des films américains doublés en espagnol! Certes, ces canaux sont destinés à plaire aux touristes qui viennent de partout au monde, mais de façon générale en Amérique latine, quelle que soit l’idéologie politique dominante dans les différents pays, les émissions les plus populaires sont les telenovelas. C’est ce que nos voisins américains appellent les soaps operas, dont les exemples les plus connus sont Dallas et Les Feux de l’Amour. Cuba ne fait pas exception à cette tendance. En effet, les Cubains visionnent avec avidité ces émissions où se côtoient la richesse et l’excès. Ils envient ce mode de vie où le capitalisme est roi. De plus, selon les vidéoclips visibles sur un canal cubain, le style musical n’est pas si différent de celui présent aux États-Unis. Les rappeurs sont entourés de jeunes femmes légèrement habillées, arborant des colliers en or dans leurs voitures luxueuses! Un véritable pastiche des artistes américains…

Les telenovelas sont très populaires en Amérique du Sud, dont celle-ci, Marina, qui est diffusée à Cuba mais qui provient du Mexique.

Les telenovelas sont très populaires en Amérique du Sud, dont celle-ci, Marina, qui est diffusée à Cuba mais qui provient du Mexique.

Le pays de Castro semble très attiré par l’économie de marché. Lors d’une promenade au cœur de la ville de Varadero, force est de constater que c’est l’appât du gain qui prédomine. Le Che, ce révolutionnaire socialiste qui voulait étendre le communisme en Amérique du Sud, se retrouve partout. En effet, il est tant sur les chandails que sur les mosaïques et même sur les paquets de cigarette. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Che Guevara est à la mode! D’ailleurs, leur héros national est en vogue partout dans le monde. Qui n’a pas remarqué des gens marcher dans les rues de Montréal avec un chandail du plus célèbre des socialistes? Sur le web, on peut même retrouver le Che Store! Le principal intéressé s’en serait sûrement offusqué de son vivant. D’ailleurs, la fille du Che, Aleida Guevara, avait révélé au New York Times en 2007 que l’image de son père était dénaturée par cette utilisation abusive de la fameuse photo. Che Guevara est devenu plus qu’un personnage historique, il représente maintenant une marque. C’est un symbole de la lutte révolutionnaire socialiste qu’on utilise désormais pour vendre, à l’image de ces Cubains dont le désir d’avoir de l’argent est en passe devenir plus important que 40 ans d’histoire.

Le Che est partout, même sur les murs de la petite ville de Matanzas.

Le Che est partout, même sur les murs de la petite ville de Matanzas.

Le politologue américain Francis Fukuyama constatait en 1992, dans son livre La fin de l’histoire et le dernier homme, que l’idéologie communiste allait reculer de plus en plus pour laisser l’entière place à l’idéologie ultime : le capitalisme. Ne serait-ce donc qu’une question de temps avant que la dynastie Castro ne laisse place à de nouveaux dirigeants libéraux? Quoi qu’il en soit, il semble que le peuple cubain, lui, aura peut-être moins de difficulté à tourner la page que son ancien dirigeant.

logo_choq_fondblancÉcoutez l’entrevue de Vicki Fragasso-Marquis à Ipso Facto Radio, Émission du 18 juin 2009. Animateur: Karl Rettino-Parazelli

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