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Trouver chaussure à son pied à Lyon.

Publié le 06 August 2010 par Ipso-facto

Un reportage de Catherine Genest

Le temps semble s’être arrêté sur la rue des Trois Maries, un recoin méconnu du Vieux Lyon. Ici se cache l’atelier Art-Peaux, un des rares regroupements de bottiers qui réussit à tenir tête au diktat de l’industrie de la chaussure bon marché. Et pour cause, le bottier est à la chaussure ce que le forgeron est aux fers à chevaux: un métier en voie de disparition.

Laurent, dans son atelier orné de pieds moulés dans le plastique.

Laurent, dans son atelier orné de pieds moulés dans le plastique.

Pourtant, Thierry Frilet et son collègue Laurent gagnent bien leur vie avec leurs créations sur cuir depuis respectivement 23 et 10 ans. L’usure de leur tablier et le nombre de pieds moulés dans le plastique ornant l’atelier en témoignent: ils ont bâtit leur carrière sur nos orteils.

Avec les beaux jours estivaux, les clients veulent avoir les pieds à l’air et comme le client est roi, les bottiers s’exécutent. «L’été, c’est la plus grosse période de l’année pour nous. Ce qu’on fabrique le plus, ce sont des sandales», laisse savoir Thierry. Pendant que Laurent travaille le cuir, Thierry s’affaire à élaborer des modèles selon les goûts et les exigences des clients.

Mais qui a donc le réflexe d’aller dans cet atelier à l’architecture médiévale, dans le Vieux-Lyon, quand les centres commerciaux des artères commerciales abritent des  magasins de chaussures par dizaines? Exit les préjugés. Selon Thierry, la fabrication de chaussures sur mesure rejoint une clientèle extrêmement large. «On a des étudiants, des dames âgés qui recherchent le confort mais aussi des gens qui ont de graves problèmes de pieds. Toutefois, nos clients les plus fidèles sont ceux qu’on appelle les bobos, les bourgeois bohèmes», lance Laurent en riant.

Seul talon d’Achille,une paire de chaussures chez Art-Peaux coûte beaucoup plus cher que celles des centres commerciaux, marques prestigieuses en moins. Pour un modèle fabriqué sur-mesure, il en coûte de 150 euros (environ 200$CAD) pour une femme, tandis que pour un homme le prix de base est de 200 euros (environ 270$CAD). La différence de prix s’explique tout simplement par le fait que les hommes ont généralement de plus grands pieds que les femmes.

Hervé travaille aussi chez Art-Peau. Il peaufine les modèles de la boutique.

Hervé travaille aussi chez Art-Peau. Il peaufine les modèles de la boutique.

Pour Thierry, le prix de ses chaussures se justifie par la qualité irréprochable des matériaux. La possibilité de créer son propre modèle et qu’il soit moulé spécialement pour notre pied valent également le coût selon lui. «Ici, nos modèles ne sont pas faits en Chine. C’est un travail d’artisan. Un travail de perfectionniste.»

Et contrairement à ce que certaines victimes de la mode pourraient croire, les modèles que fabrique Art-Peaux sont loin d’être en retard sur les tendances. Dans la boutique, les spartiates sont reines cet été, tant sur sur les trottoirs que sur les passerelles des défilés. «Beaucoup de gens nous commandent des chaussures pour avoir un modèle unique qu’ils ne trouveront pas ailleurs», ajoute Thierry.

Mais Thierry et Laurent ont de la compétition. Un autre Thierry, Frotin cette fois, fabrique aussi des chaussures sur mesure dans un autre commerce de la ville. Mais ses confrères n’ont pas l’air trop inquiet. «Il y avait une promotion à la maternité pour les bottiers!», se réjouit Laurent. Comme quoi, entre bottier lyonnais, on se serre les coudes plutôt que de se tirer dans le pied.

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Le Monsieur Bons Offices de la Politique Rwandaise

Publié le 30 July 2010 par Ipso-facto

Un reportage de Virginie Karagirwa

La ville de Kigali est en effervescence. Les journaux locaux publient avec attention chaque détail sur les candidats se présentant à l’élection présidentielle du 9 août 2010, alors que des voitures munies de mégaphones sillonnent la ville afin de rappeler aux citoyens d’aller voter. L’ambiance ne trompe pas, la campagne bat son plein au Rwanda. Dans ce tumulte, une institution peu commune se prépare elle aussi à suivre de près le déroulement des évènements.

Un des nombreux panneaux publicitaire encourageant les Rwandais à voter lors des élections présidentielles du 9 aout 2010.

Un des nombreux panneaux publicitaires encourageant les Rwandais à voter lors des élections présidentielles du 9 aout 2010.

Le Forum, plus communément appelé Forum des partis politiques, réunit les dix partis du pays. Pour le Forum, les élections sont un évènement capital car elles vont mettre à jour le travail de formation qu’effectue l’institution au sein des partis politiques. «C’est un moment important car le Forum bénéficiera d’un niveau de prestance élevé de la part des partis politiques», explique Anicet Kayigema, secrétaire exécutif du Forum.

Le Forum des Partis Politiques est une institution crée par l’État qui a pour but de promouvoir la discussion entre les différents partis politiques. Il a été mis en place après le Génocide des Tutsis du Rwanda en 1994. Pendant la période menant jusqu’à l’extermination de la minorité ethnique, les Tutsis, les principaux partis politiques ont encouragé la majorité Hutu à perpétrer le génocide en leur inculquant des idéologies de haine ethnique. C’est afin d’empêcher que des partis politiques puissent à nouveau mener le pays à la destruction que le Forum des partis politiques a été instauré de façon informelle en 1993, puis ouvert officiellement en 2003.

Aujourd’hui le Forum est une institution indépendante reconnue qui informe les partis politiques sur les mécanismes d’une démocratie et discute avec eux des différentes actions prises par le gouvernement. Seuls les partis politiques agréés par l’État peuvent être membre du Forum. Ces derniers mois le Forum s’est appliqué à les informer des règlements qu’ils doivent suivre pour présenter un candidat à la présidence. Mais le Forum tient à rester impartial. «Nous avons un rôle disons indirect. Nous donnons beaucoup d’informations niveau communication stratégique mais nous ne pouvons interférer dans les décisions des partis politiques», indique Kayigema.

Anicet Kayigema secrétaire exécutif du forum tient les réunions de l'assemblée et représente le forum

Anicet Kayigema, secrétaire exécutif du Forum, tient les réunions de l'assemblée et représente le forum

En tant que secrétaire exécutif, Kayigema gère les activités quotidiennes du Forum, planifie et organise les assemblées. Membre du Parti Libéral (PL), il a dû signer un agrément stipulant qu’il n’aurait aucun rôle de gestion ou de prise de responsabilité dans son parti. «Si je viens d’un parti, on peut penser que je suis partial. Ça me met donc plus à l’aise de mettre de la distance entre mon parti et moi et de même ça met plus à l’aise les autres».

Malgré les efforts pour assurer toute objectivité dans les actions du Forum, les institutions internationales jettent un regard méfiant sur celui-ci. Beaucoup le soupçonnent d’être un outil du gouvernement pour contrôler les autres partis politiques. Gaston Bilbao, directeur de la branche National Democratic Institute, un organisme non-gouvernemental américain qui travaille avec le forum sur le renforcement des partis politiques au Rwanda, éprouvait les mêmes inquiétudes. «Je suis arrivé avec un préjugé car j’avais écouté les soupçons des institutions internationales. Ça m’a pris 8 à 9 mois pour voir que le forum est un bon instrument démocratique créé par les Rwandais, car tous les partis sont représentés. »

Les organismes qui travaillent au Rwanda sont invités à visiter le forum. Cependant Bilbao estime que le Forum ne s’ouvre pas assez, ce qui expliquerait l’opinion parfois négative que les pays étrangers s’en font. «Mes recommandations pour le Forum seraient d’essayer d’ouvrir un peu plus l’institution, inviter les médias ou les partenaires internationaux à participer aux débats de l’Assemblée, parce que les gens ne comprennent pas ce que le forum fait», conclu-t-il.

D’après Anicet Kayigema et Christine Mukabunani, présidente du seul parti d’opposition, le Parti Social-Imberakuri, l’ambiance au sein de l’Assemblée générale du Forum repose surtout sur la discussion. Il arrive cependant que des écarts se produisent. Le plus récent concerne une dispute interne au PS-Imberakuri suite à laquelle Mukabunani à été désignée nouveau chef du parti.

Du haut de la butte de Kacyiru, le Forum donne vue sur les dix drapeaux des partis membres ainsi que la colline de Gisozi en face.

Du haut de la butte de Kacyiru, le Forum donne vue sur les dix drapeaux des partis membres ainsi que la colline de Gisozi en face.

L’une de ses premières décisions a été de renoncer à présenter un candidat pour le poste de Président de la République. D’autres n’ont par contre pas hésité: le président sortant Paul Kagame du FPR, les candidats Prosper Higiro du PL, Jean Damascène Ntawukuliryayo du PSD (Parti Social Démocrate) et Alvera Mukabaramba du PPC (Parti du Progrès et de la Concorde).

Maintenant que quatre partis sont entrés dans la campagne présidentielle, le secrétaire exécutif du forum Anicet Kayigema explique que l’institution s’informe du temps d’antenne à la télévision et dans les radios locales de chaque candidat. Il vient aussi de faire installer des sites web pour tous les partis afin d’optimiser leur communication avec les citoyens. Toutefois le forum n’en oublie pas son rôle majeur: s’assurer qu’aucun parti politique ne pourra user de son influence pour encourager des divisions ethniques au sein de la population. Il comprend un comité d’éthique chargé de s’assurer qu’aucun membre ou parti politique n’émet d’idéologie génocidaire. Pour cela, le comité évalue si les membres respectent le code de comportements établi et demande aux partis de remettre à l’ordre ses membres s’ils fautent.

Entre-temps le Forum des partis politiques va continuer à suivre avec attention l’avancée des différents partis et de leurs candidats à l’élection présidentielle. Le secrétaire exécutif ne s’inquiète pas du résultat des élections, que ce soit pour le président ou le parti qui sera à la tête du gouvernement en août prochain, tant que le partage du pouvoir est respecté. Le Forum quant à lui ne s’arrêtera pas là, après les élections présidentielles, il devra se préparer pour les élections sénatoriales de l’année prochaine. Pour Anicet Kayigema, le travail du Forum est loin d’être fini. «On vient de loin, on avance, mais le plus intéressant c’est que l’on ne régresse pas».

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Mystère empoisonné à Versailles

Publié le 17 July 2010 par Ipso-facto

Un reportage de Véronique Voyer

Versailles a beaucoup plus à offrir que son château et ses jardins. À la mi-juin, une chasse au trésor permet à plus de 2000 curieux d’élucider l’Affaire des Poisons tout en découvrant la face cachée de la ville. Ce vieux scandale plonge les enquêteurs en herbe dans les richesses culturelles et historiques de la cité royale le temps d’un après-midi .

En 1676, la belle-sœur du roi meurt empoisonnée. Ce décès place en disgrâce Mme De la Montespan, une maîtresse du roi qui fricote avec la communauté des «devineresses», ce monde interlope d’avorteuses et de magiciens qui maîtrisent l’art des filtres d’amour comme des poisons.

Quelques-uns des 2000 participants de la chasse aux trésors.

Quelques-uns des 2000 participants de la chasse aux trésors.

C’est sur ce scénario que débute la chasse au trésor. Cette année, l’adjointe du maire Marie Boëlle est en charge de l’organisation de la 2e édition de l’événement estival, et la barre est déjà haute. «L’été dernier, les enquêteurs devaient découvrir qui a volé le collier de la reine. Ça été très populaire! Nous voulons attirer les touristes à l’extérieur du château pour leur permettre de découvrir les curiosités de la ville à travers son histoire.»

Le château, le Trianon et les jardins sont reconnus pour leurs fastes dorés et l’immensité du territoire qu’ils recouvrent. Difficile pour un touriste de parcourir la ville en plus de la demeure royale dans une même journée. «Si certains touristes imaginent qu’il n’y a que le château à voir ici, il passe à côté d’une ville charmante qui se nomme Versailles», souligne l’adjointe, aussi chargée du commerce et du tourisme. Ainsi, le terrain de jeu où les indices sont éparpillés comprend uniquement la ville. Pour faciliter leur recherche, les participants reçoivent un guide des curiosités de Versailles.

Divisés en 200 équipes de dix, les participants sont fébriles près du parvis de l’église où débute l’activité. Une fois le coup de départ donné, un jeune père dirige la poussette familiale vers le potager du roi, tout en portant sa fillette de trois ans sur ses épaules. «On va commencer par la fin, il n’y aura pas d’embouteillage», explique-t-il en se dirigeant vers le grand jardin, à quelques pas de l’église. Quelques équipes font de même. Les participants doivent identifier les plantes vénéneuses. Des enfants courent au travers des longues plate-bandes de plantes médicinales, de tomates, d’arbres et de fleurs. Après trente minutes de promenade, le papa, toujours motivé, rassemble l’équipe en bas âge et se dirige vers la boutique à l’entrée, des Sherlocks Holmes et des Hercules Poirot plein les bras..

Finalement, la réponse à la question se trouvait entre les pages d’un des dictionnaires arboricoles de la boutique. Un chef d’équipe note rapidement «anémone» tandis qu’un petit garçon épelle très fort «rhododendron». La promenade dans le potager était donc inutile pour le concours, mais le but est aussi de découvrir les charmes de cette ville-jardin.

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Comme le remarque un participant, c'est sur la rue du Jeu de Paume que fut signé le traité d'alliance entre la France et les États-Unis au XVIIIe siècle.

À l’époque où le roi avait sa cour, les  secrets faisait partie intégrante de la politique française. Cette richesse historique est exploitée tout au long du parcours. Ainsi, au détour d’un petit passage, un participant pointe le nom de la rue du Jeu de Paume. «C’est ici qu’ils ont signé le traité d’indépendance américaine avec Jeffersen», explique-t-il.

Cette année, c’est dans le quartier Saint-Louis, le plus vieux de Versailles, que se situaient la plupart des indices. Les habitants s’impliquent autant que les participants dans le grand jeu, comme ce vieux vendeur d’électroménagers qui a invité une équipe dans sa boutique le temps de téléphoner à son père, pour vérifier l’exactitude d’une réponse. Un peu plus loin,  un sculpteur affairé sur du marbre a lâché sa besogne pour indiquer où se situe le bureau d’architectes le plus proche.

Si les indices historiques sont d’une importance capitale, des épreuves sont également prévus. Pour l’une d’entre elles, particulièrement populaire, chaque équipe désigne un volontaire. Ce dernier doit discerner les poisons des potions aromatisées, les yeux bandés bien sûr.

Tout près de ce stand où se presse de nombreux curieux, le Comptoir de Magellan offre des bonbons artisanaux formés de cristaux de sucre et d’herbe. «Nous sommes la seule épicerie bio de Versailles», déclare fièrement Aurélie, la fille de Nina à la tête de cette entreprise familiale spécialisée en foie gras.

En fin d’après-midi, les participants éreintés se pressent pour rapporter toutes les bonnes réponses à la mairie avant 17h. C’est l’heure limite pour être éligible au tirage des 20 prix. «Les commerçants sont très généreux, souligne Mme Boëlle, ils offrent des repas, des bouteilles de vin d’ici, des paniers gourmets et même une nuit au Trianon Palace.»

Grâce à internet, la popularité du jeu s’est répandue rapidement en deux ans. Des participants viennent des quatre coins du pays, et certains même de Russie, de Belgique et de Pologne.  Si la célébrité de cette cité royale n’est plus à faire aux quatre coins du globe, les secrets des Rois de France ont encore et toujours de quoi surprendre.

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Quand sortir à Paris? Les lundis!

Publié le 08 July 2010 par Ipso-facto

Un reportage de Véronique Voyer

Chaque lundi, une vieille cave au coeur de Paris accueille la relève artistique et des noctambules pas comme les autres. Après les grosses soirées de fin de semaine, l’association Beaucoup de bruit pour rien rassemble passionnées de culture et amateurs de grosses cernes pour le retour au travail. Attention, c’est sur réservation!

La folie des nuits parisiennes mérite sa réputation. Le lundi soir, les plus courageux prolongent la fin de semaine. Vers vingt heures, près de la Place de la République, des invités se font la bise tout en buvant l’apéro. Le concept est simple, chacun apporte une bouteille de vin et paie cinq euros pour le repas. Au menu, on retrouve quatre services, dont les fromages et le dessert. C’est le président de Beaucoup de bruit pour rien, Aurélien Cruse, qui mitonne le tout.

Le président de l'association Beaucoup de bruit pour rien, Aurélien Cruz, aux fourneaux.

Le président de l'association Beaucoup de bruit pour rien, Aurélien Cruse, aux fourneaux.

Étudiant en médiation culturelle, il déplore le manque de projets communs dans notre société. En 2008, il lance le concept des dîners dans un cadre informel avec des amis de fac. Puis, après un voyage scolaire à Budapest, le noyau des adeptes s’élargit et l’appartement d’Aurélien commence à être petit pour l’envergure de la soirée. «C’était serré avec 30 à 40 personnes par dîner», explique-t-il. Petite précision: l’heure du diner en France est celle d’un souper au Québec.

Depuis, le concept est de plus en plus populaire. «Le fait que la fac soit finie est un plus. C’est une opportunité de développer un réseau», souligne le président. Des tables sont installées le lundi dans les caves de son appartement, avec l’accord des voisins qui prêtent gratuitement le lieu pittoresque. Les vieilles pierres et l’escalier en tire bouchon donnent du cachet à l’endroit.

Créée pour mieux gérer les soirées, Beaucoup de bruit pour rien est née il y a trois mois. Le nom, inspiré par le titre d’une pièce de Shakespeare, rassemble une quinzaine de personnes qui organise le tout. En découle la soirée impro-dessins le jeudi à l’Abracadabar et la collaboration à des festivals ou autres événements culturels. «On se définit comme une plateforme culturel, on touche à toutes les disciplines: graffiti, impro-dessin, théâtre, cinéma, etc. On essaie de mettre des gens en lien et ça marche», souligne la vice-présidente, Hélène Chevallier. Un court métrage tourné récemment par des personnes qui se sont rencontrées lors des soirées est un exemple concret de ce type de réalisations. «Ce qui me rend vraiment fier, c’est de voir naître des projets conçus par des gens qui ont étudié la même chose dans la même école, mais qui ne s’étaient pas rencontrés avant les dîners du lundi», explique Aurélien.

Une vieille cave sous la ville lumière, un repas aux chandelles et des animations culturelles. Le concept est aussi simple qu'efficace.

Une vieille cave sous la ville lumière, un repas aux chandelles et des animations culturelles. Le concept est aussi simple qu'efficace.

Un concert ou une expo-photo rythme le quotidien de la soirée hebdomadaire. On assiste aux prestations de Charlie Dahl et le royal big band, Rue de Prague ou Lhurgoyf. L’émergence musicale est à l’honneur. «Ce sont des coups de cœur dans des styles de musique complètement différents et, jusqu’à maintenant, le public n’a jamais été déçu», souligne Hélène.

Mais pourquoi les lundis? Et pourquoi une cave? «Parce qu’il ne se passe rien nulle part. Puis tous les grands commencent dans les caves, répond Aurélien en souriant, visez la lune et vous finirez par tomber dans les étoiles!» Hélène, à ses côtés, reste plus pragmatique: «L’aspect bougies et vieilles caves plaît beaucoup, c’est un lieu de rencontre intéressant.»

Snob les Parisiens?

L’ouverture d’esprit est gage de réussite. Si les Parisiens ont la réputation d’être snobs et pressés, les nouveaux sont accueillis chaleureusement lors de ces soirées de début de semaine. «Les habitués invitent leurs amis, d’autres découvrent l’asso via Facebook, explique Hélène Chevallier, on accueille parfois des voyageurs du Brésil, d’Angleterre, du Canada et du Cameroun. C’est une occasion pour les étrangers de rencontrer de “vrais Parisiens” puis de discuter de culture dans un aspect convivial.» Le président acquiesce, une coupe de vin à la main. «L’aspect convivial des soirées facilite les rencontres et, du coup, l’ouverture des gens vers divers projets se fait naturellement», conclut le jeune homme aussi appelé «archimanitou» par les habitués du lundi. Si certains s’échappent vers minuit pour sauter dans le dernier métro, l’animation est assurée jusqu’en matinée pour les plus courageux de ces oiseaux de nuit.

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Vous avez dit “cafécouture” ?

Publié le 02 July 2010 par Ipso-facto

Martena Duss et Sissi Holleis

Martena Duss et Sissi Holleis sont les deux créatrices du Café couture de Paris.

Coudre tout en buvant son café, c’est tout-à-fait banal. Mais coudre en groupe, dans un café de Paris réservé à des couturières en herbe ou plus expérimentées, c’est un peu plus inusité.

Daniel Blanchette Pelletier s’est rendu à Paris avec quelques euros en poche, où il a pu s’entretenir avec l’une des responsables du café-couture, Sissi Holleis.

Un reportage de Daniel Blanchette Pelletier

Vous avez envie de tenter l’expérience ? Rendez-vous à Paris, au 13 rue Lucien Sampaix. Métro Jacques Bon-Sergent. Six euros en poche suffiront pour louer une machine pendant une heure !

http://www.sweatshopparis.com/

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