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Little Boy, 60 ans plus tard

Publié le 06 September 2009 par Ipso-facto

Un reportage de Raphaël Bouvier-Auclair

Sadako Sasaki avait deux ans lorsqu’une bombe atomique explosa à Hiroshima le 6 août 1945. Sur le coup, la fillette n’a montré aucune séquelle apparente de l’attaque étasunienne, bien qu’elle se trouvait à environ deux kilomètres de l’hypocentre de l’explosion.

Statue à la mémoire de Sadako Sasaki

Statue à la mémoire de Sadako Sasaki

À partir de 1954, des symptômes ont graduellement fait leur apparition. Cette même année, près de neuf ans après l’explosion de Little boy sur Hiroshima, une leucémie fut diagnostiquée à la jeune fille.

Pleine d’espoir de guérison, Sadako s’est fiée à une légende nipponne voulant que les dieux réalisent les vœux de quiconque confectionnant mille grues de papier. La fillette se mit au travail et créa quelques 644 grues, avant de s’éteindre en octobre 1955.

L’attaque nucléaire a profondément meurtrie la ville d’Hiroshima. La statue à la mémoire de Sadako Sasaki et les milliers de grues de papiers qui y sont déposées chaque année ne sont que quelques unes des cicatrices encore bien visibles de la municipalité de plus d’un million d’habitants.

Le dôme Genbaku, patrimoine mondial de l'UNESCO

Le dôme Genbaku, patrimoine mondial de l'UNESCO

Le Parc de la Paix, immense espace ornant le centre-ville, rappelle à tous les visiteurs qu’Hiroshima a été la cible de la première bombe atomique lancée à des fins destructives. Tout près de l’hypocentre de l’explosion, une ruine est précieusement conservée. Le dôme de Genbaku, autrefois centre d’exposition industrielle, est la seule structure ayant résisté au choc de la déflagration nucléaire. Au lendemain du drame, les autorités municipales et nationales ont décidé, malgré une forte opposition, de conserver les vestiges du bâtiment afin de symboliser la destruction apportée par la guerre.

Outre cette ruine, reconnue patrimoine mondial par l’Unesco, le parc abrite plusieurs autres monuments. Au centre de la promenade, la Flamme d’Hiroshima, une imposante torche, brûle continuellement.

La Flame d'Hiroshima, qui restera allumée tant que toute production d'armes nucléaires n'aura pas cessée.

La Flame d'Hiroshima, qui restera allumée tant que toute production d'armes nucléaires n'aura pas cessée.

Icône d’un espoir pacifique, elle ne sera éteinte que lorsque toute production d’armes nucléaires aura cessée sur la surface du globe.

Au bout de l’allée traversant le paisible parc se trouve le  Hiroshima Peace Memorial Museum. Cet immense complexe composé de deux bâtiments reliés par une passerelle se veut un espace de réflexion sur les impacts que peuvent avoir une attaque nucléaire, qu’ils soient physiques ou psychologiques. Kahori Wada, porte-parole du musée, explique que plusieurs millions de personnes viennent visiter le site chaque année.  « Cela permet de perpétrer le souvenir des  événements de 1945» affirme-t-elle.

Malgré la période de plus de soixante ans qui s’est écoulée depuis l’attaque d’Hiroshima, la ville ne s’est pas complètement relevée du plus meurtrier des épisodes de son histoire. Contrairement à la croyance populaire, les radiations n’affectent pas la population née après la guerre. Kahori Wada insiste sur le fait que « certaines personnes qui étaient présentes au moment de l’explosion développent jusqu’à aujourd’hui des cancers et d’autres troubles de santé entraînés par les radiations». Des cancers et des cataractes, problème de vision, font parties des maux.

Le cénotaphe d'Hiroshima, avec le nom de toutes les victimes de l'attaque.

Le cénotaphe d'Hiroshima, avec le nom de toutes les victimes de l'attaque.

Ville moderne, Hiroshima n’oublie pas pour autant son triste passé. En combattant depuis plus de cinquante ans la prolifération de l’armement nucléaire, les différentes administrations municipales ont su faire de leur ville un centre de promotion de la paix. À chaque année, le 6 août, date de la tragédie, le maire d’Hiroshima prend la parole afin que ne se reproduisent plus les malheurs de Sadako Sasaki et des autres nombreuses victimes de la bombe A.

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Tsukiji

Publié le 27 August 2009 par Ipso-facto

Un reportage de Raphaël Bouvier-Auclair

La réputation du Japon en matière de commerce du poisson n’est plus à faire. Ce pays insulaire a développé, notamment à cause de facteurs géographiques et historiques, une relation sans précédent avec le monde marin. Pas étonnant donc, de constater que la capitale du pays du Soleil levant possède en son sein le plus grand marché de poisson au monde : Tsukiji. Il connaît sa forme actuelle depuis 1923, date à laquelle la vingtaine de marchés de poissons de Tokyo ont été détruits par le tremblement de terre de Kanto.  L’administration municipale a décidé de les fusionner pour n’en former qu’un seul.

La diversité des produits offerts et l’effervescence des lieux font de Tsukiji un icône de la culture tokyoïte. Dès les petites heures du matin, les différents kiosques s’animent alors que la ville dort encore. Pieuvres, thons, crevettes et divers mollusques décorent les comptoirs des commerçants qui apprêtent avec acharnement leurs produits.

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Amitié tissée serrée

Publié le 08 August 2009 par Ipso-facto

Un reportage de Justine Grenier

Au 27 A Cengiz Topel, dans le village de Selçuk, sur la côte ouest de la Turquie, la Nomadic Art Gallery vend ses plus beaux tapis. Deux frères trentenaires aux chaussures dernier cri y décrivent leurs techniques de tissage, parlent politique et voyages, offrent du thé. «Entrez! Si vous ne pouvez pas acheter, ne vous inquiétez pas. On restera des amis», s’exclament-ils dans un anglais surprenant.

Les chats jouent les vedettes sur les tapis du Nomadic Art Gallery.

Les chats jouent les vedettes sur les tapis du Nomadic Art Gallery.

Marco et Enis Gülli en ont, des amis. Français, Anglais, Américains, Canadiens, Australiens et Japonais les couvrent d’éloges et les invitent dans leur demeure. Certains sont plus poétiques, comme cette Antonia venue de Londres : «Les tapis sont comme l’amitié : ce sont les couleurs différentes et les motifs de partout dans le monde qui créent les plus beaux tableaux.» Cette citation du livre d’or de la boutique est d’ailleurs la préférée d’Enis, le cadet. À lire le reste du carnet, les visiteurs venus des quatre coins du globe semblent grandement reconnaissants pour cette immersion culturelle : pour le thé à la pomme et les repas, les costumes traditionnels, l’apprentissage du backgammon… et les chats. Dans la boutique, les six félins des propriétaires se baladent, tranquilles. Deux de ceux-là, Pati et Pamuk, viennent de la région natale des Gülli : le Van, situé dans la partie plus orientale du pays, où se trouve le plus grand lac de la Turquie. «Nos chats aux yeux verrons sont des vedettes de la télévision turque!», s’exclame Marco. «Ils ont fait des publicités partout dans le monde», ajoute Enis.

Ouverte depuis 1999, la Nomadic Art Gallery comprend trois boutiques. Parmi celles-là, l’une est une véritable caverne d’Ali Baba pour les amoureux du textile : plus de 2000 tapis et kilims uniques y sont entassés (le kilim, brodé au lieu d’être noué, est dépourvu de velours et donc moins luxueux que le tapis). Chacun d’eux a ses propres couleurs et ses propres symboles. «Souvent, on ne peut pas exactement savoir ce que le tapis signifie, puisque personne n’était dans la tête de la femme au moment où elle l’a fait», explique Marco. Certains ont plus de 80 ans : «Les tapis sont comme le vin. Ils s’enrichissent avec le temps». D’autres, confectionnés uniquement avec de la soie, valent plus de 10 000 dollars. Le hic est que, réalisés avec la technique turque (notamment par l’utilisation du nœud double), ces richissimes tapis requièrent des doigts de fée. Seules les jeunes filles aux mains menues peuvent les confectionner.

Est-ce qu’il existe des Gülli aux doigts de fée dans la famille? «Mes soeurs préféreraient laver de la vaisselle dans des restaurants plutôt que de passer à nouveau du temps sur des tapis», avoue Enis. Celles qui avaient dû dans leur jeunesse mettre la main à la pâte pour aider l’entreprise familiale ont préféré entrer à l’université.

Enis, tout sourire, discutant avec un groupe de Québécoises.

Enis, tout sourire, discutant avec un groupe de Québécoises.

Des différentes techniques de tissage, la discussion prend rapidement une tournure politique. D’origine kurde, Enis avoue avoir une préférence, voire un amour particulier pour le Québec. «Les Québécois sont plus sympathiques, plus ouverts, plus accueillants. Nous savons que vous avez votre propre culture; vous avez votre propre télévision, vous parlez votre propre langue. Nous aussi, nous voudrions notre Québec.» C’est que bien que les 13 millions de Kurdes du pays représentent plus du quart de la population, ils demeurent aux prises avec la domination turque. «Les Turcs ont changé le nom de mon village, le nom de ma sœur. Ils refusent de nous engager pour aucune raison.» Heureusement, Enis demeure positif : «Ça change. Nous avons de plus en plus de pouvoir économique et politique, principalement parce que  nous sommes de plus en plus éduqués.»

Puis, c’est au tour du conflit entre la Grèce et la Turquie de prendre toute la place autour de la table. «Les Grecs ont toujours détesté les Turcs et nous ne savons pas pourquoi, critique Enis. Ils se tiennent loin, sont très fermés d’esprit.» Rappelons que les Grecs ont débarqué sur le continent asiatique au lendemain de la Première Guerre mondiale, et que le conflit a duré jusqu’en 1922.

Marco tient à préciser que les Grecs et les Turcs de l’Est ont beaucoup de points en commun. «Les Grecs des îles viennent même en Turquie pour magasiner puisque c’est moins cher pour eux! Le problème est que les Turcs, de leur côté, doivent obtenir un visa pour visiter leur voisin… Ça crée inévitablement des tensions, mais je crois que le conflit a été exagéré. Éventuellement, les deux pays finiront par s’entendre et réaliseront qu’ils peuvent faire des affaires ensemble.»

Pendant l’entrevue, trois musiciens s’installent : l’un à la clarinette, l’autre au violon et le dernier à la darbouka. Ici, avec Marco.

Pendant l’entrevue, trois musiciens s’installent : l’un à la clarinette, l’autre au violon et le dernier à la darbouka. Ici, avec Marco.

Et l’avenir de leur commerce dans tout ça? «Le développement de la technologie va tuer les boutiques comme la nôtre, prédit Marco. Notre technique va disparaître, tout comme les significations reliées à notre pratique. Le commerce du tapis est une montagne russe. Nous sommes actuellement dans une période creuse, sûrement en raison de la récession.» Mais fidèle à son habitude, l’aîné des Gülli garde le sourire : «Souviens-toi qu’il y aura toujours, quelque part, un client pour un tapis!»

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Iran: La situation ne s’arrange pas

Publié le 29 June 2009 par Ipso-facto

Les élections présidentielles et la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad sont pointées du doigt et qualifiées de frauduleuses par plusieurs pays d’Occident et par les réformateurs iraniens. Des dizaines de milliers de personnes manifestent dans les rues de Téhéran et des affrontements éclatent avec les forces de l’ordre. Il s’agit d’un mouvement de contestation sans précédent depuis la révolution islamique de 1979.

Le Conseil des Gardiens, responsable de la vérification du résultat des élections, a réaffirmé le lundi 22 avril dernier la victoire écrasante de Mahmoud Ahmadinejad, avec 63% des voix. Hossein Moussavi, candidat déchu, n’accepte pas cette annonce et refuse de retirer sa demande d’annulation du scrutin, malgré les fortes pressions qu’il subit et les menaces qu’il reçoit.

L’équipe de Ipso Facto Radio, lors de son émission hebdomadaire à Choq.fm, s’est entretenue avec Julien Bauer, docteur en politique internationale à l’Université du Québec à Montréal.

Une entrevue de Marie-Christine Beaudry

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La marée verte se transforme en tempête

Publié le 15 June 2009 par Ipso-facto

Un topo de Christopher Young

15 juin 2009

« C’est truqué, ça n’a aucun sens. » Dans un salon de thé du sud de Téhéran, tous les yeux sont rivés sur l’écran de télévision qui diffuse en boucle les résultats électoraux du 12 juin dernier : une écrasante victoire du président Mahmoud Ahmadinejad, avec plus de 60 % des votes. Les jeunes qui boivent en silence leur thé affichent des mines désabusées. Mohammed, lui, fulmine. « C’est impossible. Pas avec autant de votes. Et puis pas à Tabriz ! »

L'ancien premier ministre, Mir Hossein Moussavi, le candidat réformateur

L'ancien premier ministre, Mir Hossein Moussavi, le candidat réformiste

Tabriz est une ville du nord de l’Iran à forte majorité azérie, l’ethnie du candidat réformiste Mousavi. Une semaine avant le vote, le symbolique vert des réformateurs y était partout. Selon les analystes, la ville en était un bastion. Ahmadinejad aurait pourtant gagné là-bas selon les résultats officiels.

Un sentiment d’injustice planait dans le camp des opposants au président conservateur, élu pour un deuxième mandat consécutif. Mousavi lui-même a défié les autorités religieuses et a refusé de reconnaitre le résultat, s’autoproclamant vainqueur et criant à la fraude électorale. En guise de réponse, il a été interpellé, tout comme Mehdi Karroubi, l’autre candidat réformiste, et plusieurs autres figures de proue de l’opposition. Le président Ahmadinejad et le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Khameini, ont tous deux nié toute malversation électorale et ont déclaré l’élection tout à fait légitime.

Si les membres de la « marée verte » ne s’attendaient pas à de tels résultats, les autorités, elles, étaient prêtes à réagir en conséquence. Depuis 17h00 jour du vote, des milliers de policiers et militaires étaient en place à Téhéran, avec pour ordre de ne tolérer aucune manifestation. Dès samedi, l’accès au site Facebook ainsi que plusieurs sites pro-Mousavi a été bloqué dans tout le pays et un brouillage empêchait toute communication par téléphone cellulaire dans la capitale.

Mahmoud Ahmadinejad, le président réélu de la République islamique d'Iran

Mahmoud Ahmadinejad, le président réélu de la République islamique d'Iran

Cela n’a toutefois pas empêché les milliers d’étudiants qui ont supporté la campagne de Mousavi de crier leur mécontentement. La partie Nord de Téhéran a été prise d’assaut par les manifestants, vite rattrapés par des centaines de policiers anti-émeute. Les manifestants ont incendié presque toutes les poubelles à leur portée ; un autobus carbonisé gisait également près de la place Vanak. Des rapports font état de un à trois morts du côté des manifestants.

Depuis quelques semaines, des entorses inhabituelles étaient visibles dans le pays gouverné par le provocateur président ultra-nationaliste et conservateur. Des manifestations progressistes étaient davantage tolérés, des chadors laissaient apparaître publiquement des mèches de cheveux ici et là, des gens dansaient lors de rallyes politiques sans se soucier des autorités. Tout ce temps là, les policiers observaient, stoïques, sans intervenir. « C’était en raison de l’élection, expliquait Damoon, croisé lors d’un de ces rallyes particulièrement festif. Mais si Ahmadinejad est réélu, tout ça, ce sera terminé. »
10 juin 2009

Marée verte à Téhéran

«Ahmadi-byebye! Ahmadi-byebye!» Ils sont plusieurs centaines sur la place Vanak à scander ce slogan contre le président iranien sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Presque tous ont un drapeau, un ballon, un foulard ou un chandail vert, couleur de la campagne du réformiste Mir-Hossein Moussavi. Plusieurs jeunes profitent de l’occasion pour effectuer la danse traditionnelle de l’Iran, interdite depuis la révolution islamique. Farzad, étudiant en génie électrique, est aux anges. «C’est ça, le vrai visage de l’Iran, pas les propos de Ahmadinejad.»

À deux jours d’un scrutin décisif pour l’avenir de la nation iranienne, les élections se tenant le 12  juin, c’est une véritable marée verte qui déferle sur Téhéran. Les affiches de Moussavi se multiplient dans les rues de la capitale iranienne et les voitures arborant un signe vert sont de plus en plus nombreuses. Premier ministre de 1981 à 1989, Mir-Hossein Moussavi a notamment promis la création de chaînes de télévisions privées, libres de tout contrôle gouvernemental. Il prône également l’abolition de la police de la moralité et une plus grande égalité hommes-femmes. Autant de propositions qui plaisent aux jeunes Iraniens. «Moussavi est un homme cultivé, explique Ahmad, 19 ans. Il croit en la liberté. Ahmadinejad, c’est comme les Talibans.»

Mais selon Farzad, ce n’est pas la raison principale de l’engouement. «Davantage de liberté, c’est l’enjeu des étudiants. Mais il y a des gens de tous les horizons en faveur de Moussavi. Et c’est l’économie qui nous rassemble tous. L’économie, c’est l’enjeu de tout le monde.» La foule est effectivement hétérogène. Si les jeunes sont majoritaires, de nombreuses têtes blanches sont également présentes, et plusieurs mères de famille ont même emmené leurs jeunes enfants.

Les relations diplomatiques sont aussi au coeur des préoccupations. «A new greeting to the world» - une nouvelle présentation pour le monde - , indiquent des pancartes, pour signifier le désir de la population de voir Moussavi améliorer les relations entre l’Iran et les États-Unis.

Tous ne sont pas d’accord avec ce rapprochement. Le clan Ahmadinejad a d’ailleurs rassemblé plusieurs milliers de partisans le lundi 8 juin au soir pour conspuer Moussavi, un «traître à la révolution» selon eux. Amir, 19 ans, rencontré dans le très populaire parc E-Shar, croit qu’Ahmadinejad a la bonne attitude devant le géant américain.

Même les enfants font campagne.

Même les enfants font campagne.

«Ce que les États-Unis doivent comprendre, c’est que nous sommes un peuple de l’Est, pas des Occidentaux», explique Amir. Comme beaucoup d’autres partisans d’Ahmadinejad,  le jeune homme habite la partie sud de Téhéran, plus pauvre. Il rit à l’idée que son candidat préféré puisse un jour vouloir déveloper la bombe atomique. «Nous ne ferions jamais ça. Nous travaillons pour la paix, pas pour la guerre.»

L’absence de sondages non-partisans rend difficile les prédictions. Tous semblent cependant s’entendre sur une chose : ils n’y a que deux adversaires dans l’arène, Ahmadinejad et Moussavi. Les deux autres candidats, Mehdi Kerroubi (réformiste) et Mohsen Rezai (conservateur) ont peu de chance de prendre les devants.

De plus en plus de jeunes femmes arborent un tchador vert.

De plus en plus de jeunes femmes arborent un tchador vert.

Chose certaine, les partisans de Moussavi, très enthousiastes, sont persuadés qu’ils peuvent l’emporter. «C’est une des premières fois que les étudiants se joignent à la population, explique Farzad. J’ai bon espoir que Ahmadinejad perde.»

Il reste toutefois réaliste devant les réformes que son candidat pourrait implanter. «Les gens croient qu’un seul homme peut tout changer. C’est complètement faux. Si l’on veut voir apparaître une vraie démocratie et plus de libertés, il va falloir que tout le monde y travaille.»

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Le Japon s’inquiète des tirs de missiles nord-coréens

Publié le 28 May 2009 par Ipso-facto

La Corée du Nord a procédé à six tirs de missiles en trois jours et à un essai nucléaire ce lundi 25 mai. La communauté internationale a vivement condamné ces essais, craignant que la Corée du Nord ne cherche à se doter de missiles nucléaires.
Bien que les missiles soient des modèles de courte portée (130km environ) et que le Japon soit à environ 700 kilomètres du territoire du régime communiste, les Japonais s’inquiètent de cette effervescence. Le pays du soleil levant ne possède en effet qu’un bouclier anti-missile pour se défendre en cas de frappe, sa constitution adoptée après la deuxième guerre mondiale lui interdisant de se procurer tout matériel militaire offensif.

Rappelons que la Corée du Nord a ratifié le Traité sur la non-prolifération des armes  nucléaire de 1968 mais s’en est retirée en 2003, suite à des accusations de programme nucléaire clandestin. Elle a procédé à un premier essai nucléaire en 2006 et elle subit aujourd’hui encore les sanctions de l’ONU pour l’avoir mené.

Le topo de notre correspondant à Tokyo :

Raphaël Bouvier-Auclair

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En bref : Le virus H1N1 au Japon (Mise à jour 29 mai)

Publié le 19 May 2009 par Ipso-facto

D’après les derniers chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en date du 21 mai, le nombre de cas  d’infection par le virus H1N1 aurait dépassé les 13 000 et le nombre de pays touchés par la propagation du virus dépasserait quarante. L’Asie n’est pas été épargnée et le Japon est au cœur des préoccupations. L’augmentation très rapide du nombre de cas dans ce pays fait craindre l’apparition d’un nouveau foyer de transmission autonome du virus. Si cela se confirme, l’Organisation Mondiale de la Santé pourrait déclencher le niveau 6 de son plan d’alerte, annonçant alors la première pandémie du 21ème siècle.

Les dépêches de notre correspondant sur place :

Raphaël Bouvier-Auclair

29 mai 2009

Plusieurs écoles des régions d’Osaka et Hyogo, situées dans l’ouest du Japon, ont ouvert leurs portes lundi, après une fermeture forcée, due au crainte d’une propagation de la grippe H1N1.

Le quotidien The Daily Yomiuri rapportait mardi que dans la préfecture d’Hyogo, 2512 établissements scolaires ont repris leurs activités normales, alors que 14 ont jugé nécessaire de prolonger la période de fermeture. À Osaka, ce sont 2580 écoles qui ont rouvert leurs portes, contre 83 qui demeurent fermées.

masqueLa région du Kansai, comprenant notamment les villes d’Osaka et de Kobe, est la plus touchée par la grippe A. La ville de Shangaï en Chine vient d’ailleurs de faire le don de 50 000 masques protecteurs à la ville d’Osaka.

Bien que les médicaments démontrent leur efficacité sur le virus selon le Ministre de la santé japonais, il reste néanmoins très contagieux. Sa propagation est d’autant plus difficile à contrôler que la densité de population dans les métropoles japonaises est énorme. À Osaka, où la majorité des cas a été répertoriée, elle dépasse les 11 000 habitants au km² (Montréal est tout juste à 4 500).

La menace de la propagation du virus sur l’agglomération de Tokyo, comptant près de 36 millions d’habitant, plane toujours.

Alors que l’OMS a recensé près de 13 000 cas de l’influenza sur le globe, le Japon compte 364 infections depuis hier.

21 mai 2009

japon-aeroportwebLes quarantaines exercées sur les passagers des vols en provenance d’Amérique du Nord diminueront graduellement. Cette annonce a été faite mardi par le Ministre japonais de la santé, Yoichi Masuzoe.

Maintenant que plusieurs cas domestiques d’infection par le virus H1N1 ont été confirmées, les autorités mettront en place des mesures pour gérer l’expansion du virus sur l’archipel nippon. Les quarantaines, qui devaient permettre de « gagner du temps », ont permis de découvrir quatre individus infectés provenant d’Amérique du Nord lors de leur arrivée à l’aéroport Narita, près de Tokyo, avant que les premiers cas domestiques n’apparaissent. Maintenant que la menace a bel et bien traversé la frontière, le Ministre de la santé explique qu’il est nécessaire que le gouvernement « concentre ses ressources humaines » à gérer la situation.

Les premiers cas domestiques ont été découverts la semaine dernière à Kobe. Plusieurs établissements scolaires ont été contraints de fermer temporairement leurs portes et le port du masque de protection est de plus en plus visible dans les grandes villes.

Tout récemment, deux cas ont été recensés à Tokyo, 400 km plus à l’Est. L’OMS surveille  l’agglomération, la plus grande de l’archipel japonais avec ses 35 millions d’habitants.

Le nombre d’individus infectés est maintenant de 299 personnes et le Japon occupe désormais le quatrième rang des pays les plus touchés par le virus, tout juste derrière le Canada.

19 mai 2009

Les autorités sanitaires japonaises ont confirmé aujourd’hui plus de 130 cas de contraction du virus H1N1 sur leur territoire et le nombre augmente très rapidement.

La majorité des cas ont été répertoriés à Osaka, dans la région du Kansaï. Près de mille établissements scolaires de la région ont décidé de fermer leurs portes de manière temporaire. Le gouverneur d’Osaka a demandé aux étudiants de «résister à la tentation de sortir de chez eux», malgré la fermeture de leur établissement scolaire.

Les premiers cas d’infection domestique ont été détectés la semaine dernière à Kobe, près d’Osaka. Les premiers porteurs de la maladie sont des étudiants n’ayant pas voyagé à l’extérieur du pays.

japon-avionwebLes autorités nippones ont décidé samedi de modifier leur plan de lutte au virus. Alors qu’il considérait l’infection comme extérieure, le gouvernement compte maintenant prendre des mesures afin d’éviter une propagation sur l’ensemble de son territoire.

Rappelons que Tokyo avait mis en place plusieurs mesures afin de prévenir la présence de la grippe sur son archipel. À l’aéroport international de Narita, les passagers des vols provenant d’Amérique du Nord étaient soumis à un examen avant de pouvoir entrer au pays.

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